mercredi 23 décembre 2015

L'habit ne fait pas le moine


« Vous finissez de faire vos courses, vous payez et vous ne revenez plus, vous avez bien  compris monsieur ce que vous a dit ma collègue?. » Il était aux alentours de midi, ce mercredi 23 décembre, quand monsieur A, le responsable adjoint, d'habitude si sympathique, bien que toujours concentré sur ses tâches, adressa ses paroles d'un ton sec à l'encontre d'un vieil homme. Limite grabataire, cheveux blanc, voix à peine audible, il était entrain de déposer ses articles sur le tapis en fin de caisse quand monsieur A lui est tombé dessus sans crier gare. Le vieillard a hoché la tête, mais en fuyant le regard de mon responsable. Et pour cause: il avait été pris la main dans le sac. Et ce n'était pas la première fois qu'il était surpris à remplir ses poches de produits divers pour éviter de les payer. C'est madame B qui l'a encore coincé. Elle a l'oeil affuté, les voleurs, elle les repère. Cette fois-ci, il s'agissait de beurre et de sucre mais la dernière fois, c'était d'autres articles. Le vieillard avait déjà eu un avertissement, madame B avait même joué la carte de la compassion en disant « que cela pouvait arriver à tout le monde (de remplir ses poches de produits non achetés) ».
Mais visiblement, cet avertissement n'avait servi à rien et l'homme, 75 ans bien trempés, avait décidé de récidiver, avant d'être à nouveau confondu. 

Souvent, les personnes que les responsables de magasin nous demandent d'observer avec attention sont les jeunes avec leur sac à dos, habillés "en wesh wesh", ou les gens d'origine étrangère: du délit de sale gueule et de jeunisme, en somme. Mais en fait, cette anecdote rappelle qu'il faut se méfier de tout le monde dans un supermarché et pas seulement de ceux qui semblent a priori, très différents de nous. 

Les voleurs ne sont pas souvent pris sur le fait car régulièrement des bouteilles d'alcool notamment, sont dérobées dans le magasin. Et ce sont des produits plutôt chers comparé à ce qui composent l'essentiel du supermarché. 
Pendant un temps, le supermarché a employé un agent de sécurité quelques jours par semaine mais visiblement, ce n'était pas rentable. En période de Noël, où les jours de la semaine, en termes de chiffre d'affaire, sont équivalents au samedi, mademoiselle R aimerait en embaucher un. Elle le demande tous les ans mais visiblement, son avis n'est pour l'instant pas pris en compte par sa hiérarchie et au premier rang de laquelle, son responsable de secteur, monsieur D. Je me demande à combien de centaines d'euros s'élèvent les pertes chaque mois. Très certainement, d'un montant moins élevé que le salaire d'un agent de sécurité. 


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