Quand
j’étais petite, je rêvais de devenir vétérinaire. Jusqu’à l’adolescence et mon
stage de 3e pour être exacte. Cette année là, nous avions cinq jours à
passer en entreprise. J’avais obtenu de ma mère qu’elle m’envoie chez le beau-frère
d’un de ses amis, du côté de Beaulieu, en Corrèze. Après une semaine à piquer
le cul des vaches malades, à marcher dans la boue et le crottin, à humer plus
que de raison l’air de la campagne aux odeurs loin d'être toujours réjouissantes, j’ai
réalisé ma première introspection. Il n’y a pas d’âge pour se remettre en
question après tout !
Il
faut dire que la réalité m’a vite rattrapée : à partir de mes 13- 14 ans,
j’ai commencé à avoir de sérieux ennuis avec les mathématiques : sinus,
cosinus, théorème de pythagore… tous ces noms barbares ne m’évoquaient rien. Et
d’ailleurs, moins de temps je passais en leur compagnie, mieux je me portais. J’ai
donc dû me résigner : effectuer des études de vétérinaire en étant une
cancre en maths, paraissait impossible. D’autant que par la suite, mes
résultats en physique et bio n’étaient pas dignes d’être retranscrits dans les
annales, malgré, il faut quand même l’avouer, ma bonne volonté. N’en doutez
point, mes anciens professeurs pourraient vous l’assurer.
Pourtant,
tout avait bien commencé : mes racines paysannes existaient !
Arrière
petite-fille d’un couple d’agriculteurs possédant un grand domaine dans une petite commune du Cher, enfant, j’ai baigné dans un univers entouré
d’animaux. Quand j’allais en vacances chez mes grands-parents paternels, je me
levais tôt pour accompagner mon papy, promener les moutons, ou assister
à leur tonte ; à donner à manger aux cochons ; aux poules ; aux
lapins, ces derniers étant tués régulièrement car se reproduisant très vite. Sans oublier les oies, les pigeons ou
encore les jars. Combien de fois-je d’ailleurs me suis-je faite courser par ces
méchantes bêtes !
Aux
alentours de 10 heures, un rituel s'imposait: on revenait pour le casse-croûte que
nous préparait ma grand-mère : au menu, de la bonne
charcuterie avec un verre de vin rouge pour lui, et un verra de sirop pour moi. Ce sont des souvenirs mémorables.
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