Dans
ma courte vie professionnelle, j’ai passé quelques entretiens mais jamais
d’aussi surréalistes. Je n’avais pas prévu de postuler pour ce job d’employée
commerciale dans un supermarché, avant qu’un concours de circonstances ne
m’empêche d’honorer ma journée d’essai pour un autre travail. Deux jours
seulement après avoir fait acte de candidature, je reçois un coup de fil du
responsable de secteur me demandant de me présenter au supermarché en question
le lendemain à 14 h 30. Mais petite surprise, au lieu qu'il ne s'agisse de celui situé à quelques minutes de chez moi, le responsable m'annonce qu'il a commis une erreur sur le site de Pôle Emploi et qu'en fait, il est à une vingtaine de minutes de mon village. Vingt minutes qui se transforment en 40 minutes les matins à cause des embouteillages...
Comme convenu, je me présente à l’heure dite, le samedi. Je suis accueillie par le responsable adjoint du magasin, un grand brun, souriant, à peine plus âgé que moi. Il m’avoue n’avoir jamais effectué de recrutement et paraît de ce fait, très décontenancé. D’autant que parmi les CV qu’il détient, aucun ne correspond au mien ! J’ai appris plus tard qu’aucun des candidats – nous étions trois à avoir rendez-vous cet après-midi là- ne s’était présenté à part moi.
Durant
cet entretien, c’est moi qui pose les questions sur le profil du poste, le
salaire dont il ignore le taux horaire, les horaires, dont l’amplitude lui
échappe quelque peu, ainsi que sur les conditions de travail. Il ne me
demande rien ni sur moi ni sur mon parcours, tout juste si j’ai déjà fait de
la caisse. Ce à quoi je réponds que non, pas dans un supermarché tout du
moins, mais que l’offre d’emploi était proposée aux débutants, raison pour
laquelle je postule.
Je
lui fais bonne impression : « Sachez que je mets votre candidature en
haut de la pile, vous me paraissez faire l’affaire. Pour exercer ce métier, il
suffit de ne pas être trop bête et vous avez l’air d’avoir les
capacités ! » me lance t-il avec un sourire un peu gêné, se demandant
s’il ne vient pas de commettre une bévue. Et de m'assurer: « J’en
parle à mon supérieur mais je vous rappelle ». Après avoir
échangé une poignée de main, je ressors de mon entretien, d’une durée
extrêmement rapide, à peine moins de 10 minutes.
En fin d’après-midi, Monsieur A. me rappelle me conviant à me présenter le jeudi suivant pour débuter mon travail de caissière.
NB: les petits boulots que j'ai effectués ou les entretiens que j'ai eus se sont basés sur un CV complètement bidon. D'après mon expérience, et mes nombreux échecs à être retenue pour passer des entretiens, une candidate "trop" diplômée n'a aucune chance d'être retenue pour des postes non qualifiés ou à bac + 2. Raisons avancées? « Il vaut mieux trouver dans votre branche car vous vous adapterez mal, vous ne vous entendrez pas forcément bien avec l'équipe...» Et tant pis, s'il faut manger pour vivre?... Personnellement, je crois que certains employeurs pensent que du moment que le candidat a un profil "trop intellectuel" par rapport au profil de poste, ils s'en moquent de savoir de ce qui motive la candidature et partent du principe qu'elle est vouée à l'échec.
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